Les Confréries

Le terme de confrérie nous fait remonter au Moyen-âge. Les corporations vineuses se voyaient accorder par des chartes certains privilèges, de la part des rois de France.

repas médiéval poulardiers de bresse

Certains attribuent l’existence des Confréries au fait que jusqu’au 13ème siècle, pour les rois et leurs invités, être empoisonné faisait partie des risques du métier. C’est à cette époque que la première Confrérie a été créée par décret royal. On la nommait le « Conseil des Echansons » et rassemblait des Maîtres dégustateurs. Ces premiers membres des Confréries cultivaient la vigne, faisaient le vin, dégustaient le vin, garantissant ainsi au roi et à ses invités leur pureté. Les vins qu’ils servaient étaient connus comme des vins nobles. Après ces débuts, les règles de service du vin à table évoluèrent, proposant le mariage des vins avec les mets, et même, depuis cette époque, fixant l’habitude de déguster le vin à table avant de servir les invités. D’ où plus tard l’arrivée des confréries gastronomiques dédiées aux produits de la table autres que le vin.

On retrouve également trace d’une corporation gastronomique composée de rôtisseurs d’oie particulièrement rôtisseurs poulardiers de bresseappréciées à l’époque. Cette association avait reçu en 1248, des mains de Saint Louis, l’ordonnance royale du Mestier des Oyers ou Ayeurs (Rôtisseurs d’oies) de la ville de Paris. (Elle renaîtra en 1950 sous le nom de Chaîne des Rôtisseurs).
La table et ce qui s’y rapporte n’a pas été le seul domaine à développer ainsi les confréries. Certaines d’entre elles étaient d’inspiration religieuse et se vouaient à des buts caritatifs, d’autres étaient directement issues des corporations de métiers.

 

Toutes les corporations et Confréries interdites en 1791, où la loi  » Le Chapelier  » les supprime au nom de la liberté d’entreprendre et confirmé par un décret de Maximilien de Robespierre, farouche ennemi de celles-ci. Dès la fin du 19e siècle mais surtout après 1950, les confréries sont réapparues en France. Cette renaissance est principalement due à l’essor du tourisme, à la prise de conscience des valeurs gastronomiques des terroirs français et à la volonté de vouloir défendre une tradition non seulement culinaire mais également agricole bien française.
La plupart des confréries s’attachent à faire connaître les régions, les produits, les méthodes agricoles et les recettes traditionnelles du produit dont elles assurent la promotion. volaille rôtie moyen age

Il existe actuellement plus d’un millier de Confréries Gastronomiques et Vineuses en France.
Parmi celles-ci, quelques unes seulement, fortement structurées, se distinguent par leur audience nationale et aussi internationale.

Les Confréries les plus anciennes se reconnaissent par leur habit et coiffe qui rappellent soit, leur origine moyenâgeuse, ou soit, la corporation ou compagnie, dont elles sont les dignes descendantes.

Elles sont ouvertes a tous sans discrimination de toutes sortes, mais de préférence aux épicuriens gastronomes, amateurs de bonne chère et de bon vin.
Chaque Confrérie, organise un ou deux Grands Repas-Chapitres, au cours desquels, sont intronisés dans un cérémonial inoubliable, les postulants, Chevaliers, Vignerons d’honneur, Compagnons ou Escuyers et Officiers de Bouche. Chaque confrérie ayant ses rituels et vocabulaires propres.

 

Certaines de ces confréries vineuses et gastronomiques ont collaboré au dossier qui a permis au repas gastronomique français d’être classé patrimoine

« La Gastronomie est la connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l’homme en tant qu’il se nourrit. [..] Son but est de veiller à la conservation des hommes au moyen de la meilleure nourriture possible » BRILLAT SAVARIN dans la Physiologie du Goût, en 1823.

 

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Il existe aujourd’hui trois types de confréries :

  1. Gastronomiques en relation avec les mets et les produits (solides)
  2. Bachiques ou vineuses en relation avec la vigne et le vin
  3. Arts de la Table

Aujourd’hui les confréries vineuses et gastronomiques sont le plus souvent attachés à défendre un produit issu d’un terroir spécifique et qui bénéficie d’une AOC ou AOP.